FRONT 242 / UNDERVIEWER : INTERVIEW D’UN GROUPE QUI A SU GARDER SON INTEGRITE …

Crédit Photo : Patrice Hoerner

Je n’aurai sans doute jamais imaginé, à près de 50 ans, me retrouver un jour devant mes ‘idoles’ de jeunesse qu’ils étaient à l’époque et qu’ils sont toujours avec Depeche Mode, The Human League, OMD, Gary Numan ou encore Heaven 17 …
Ainsi donc, faire face à deux des membres de Front 242, le combo EBM dont la carrière internationale n’a pas d’équivalent dans la chanson en Belgique, mis à part, Telex, autre de mes idoles, et Jacques Brel (mais dans un autre style … 😉 ) avait de quoi me faire hérisser les poils des avant-bras …
En effet ces fabuleux Frontmen ont tournés dans quasi toutes les parties du globe, aux USA, bien sûr, mais aussi en Amérique du Sud (Pérou y compris),  en Europe, en Scandinavie … Et me trouver là devant eux dans le backstage du KulturA de Liège, grâce au collectif LEA, sur mes terres qui plus est, quel moment mémorable … Frissons garantis !!!
Et quelle gentillesse, simplicité et spontanéité de la part d’un groupe qui n’a plus rien à prouver, qui est à l’origine du mouvement EBM et qui a cette aura que seuls les groupes cultes peuvent avoir …
J’ai donc contacté mes amis Greg et Walter de Sampler & Sans Reproches pour leur proposer de diffuser cette interview … C’est chose faite aujourd’hui sur leur nouvelle émission que je vous conseille vivement d’écouter : Kultur Wave

Kultur Wave Logo

Pour écouter Kultur Wave en direct, c’est ici !!!

 

 

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Retrouvez ici le Podcast intégral de l’émission spéciale Front 242/UV du 16 Octobre 2017 avec le
Portrait + Interview exclusive + Concert Bruxelles, La Gaité 28.08.1985 !!!
 

 

Tout grand merci également au collectif LEA (Liège Electronic Archives) qui a permis cette belle rencontre, encore merci à eux !!!

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Flyer de l’évènement !!!

 

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Front 242 – W Festival – Amougies – 20/08/2017 – Crédit Photo : JL Marchal

On commence donc l’interview avec Patrick Codenys, Jean-Luc de Meyer nous rejoindra peu après …

 

L’Interview-Vérité

 

 – Patrick, Underviewer a été votre premier projet (pré-Front 242), comment s’est déroulé la rencontre entre Jean-Luc et toi ?

A cette époque en Belgique, c’était très difficile de monter un groupe, surtout en musique électronique, ou même en rock, parce qu’il n’y a pas, un marché de musiciens vraiment en Belgique, donc déjà, au début des années 80, les premières machines à prix démocratiques, les premiers synthés étaient autour des 10 à 15.000 francs belge (350€), donc à ce moment là j’ai commencé moi à faire de la musique, Daniel en faisait de son côté et Jean-Luc en faisait de son côté aussi, j’étais à l’école avec son frère, il m’a dit « écoute, moi mon frère, il joue de la basse, et il a une petite boite à rythmes, çà l’intéresserait que l’on se rencontre »… et on était tous les deux des fans de Wire, un groupe à l’époque donc on s’est un peu connecté sur ce truc-là et puis tous les deux aussi fans de musiques électroniques donc on avait envie de faire de la musique électronique. Marc m’a présenté Jean-Luc qui m’a dit : « Ecoute je suis chanteur et je joue de la basse, mais je ne dois pas nécessairement jouer de la basse sur scène », et on a commencé à travailler sur les petits morceaux que j’avais, mais à l’époque, il n’y avait pas de musiciens dans ce groupe, donc c’était vraiment des bruitages, et j’étais assez étonné à quel point Jean-Luc savait chanter sur du ‘bruit’, tu vois, ou sur des morceaux qui n’étaient pas facile donc il a une faculté en tant que chanteur, il chante bien aussi je trouve, et il écrit bien ses textes, mais je crois qu’une de ses particularités, c’est d’avoir pu, dès le début, travailler avec des sons qui n’étaient pas des mélodies faciles nécessairement … Parce que ce que l’on va jouer ce soir avec Underviewer c’est, en principe, des morceaux qui sont les plus ‘song’ mais il y a aussi un paquet de morceaux qu’on avait fait qui sont des trucs assez inécoutables parce que comme j’étais un grand fan de Throbbing Gristle et des choses industrielles du genre et donc, Jean-Luc s’est adapté un petit peu à l’ambiance … On avait un grand atelier et puis il avait son micro et on faisait de la musique avec un enregistreur à 4 pistes et … voilà, on a démarré sur çà !

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Underviewer @ KulturA – 02/09/2017

Crédit Photo : JL Marchal

 – L’album d’Underviewer aurait dû sortir avant celui de Front, vous avez repris ici les sons d’origine et vous les avez remastérisés ou bien cela a été entièrement ré-enregistré ?

Je vais d’abord faire une première parenthèse par rapport à ce que tu dis parce que en fait, assez bizarrement, Underviewer a été signé par le même label que Front à l’époque, New Dance, et comme moi j’avais quasiment tout fini sur le 4 pistes mais que l’on ne savait pas très bien comment masterisé, comment cela se passait avec les bandes, comment les envoyer, comment est-ce que l’on faisait dans le business vraiment … Le patron de New Dance nous a dit « Ecoutez, Daniel B., a déjà sorti sur une compil un morceau avec Prothèse et ‘Body To Body’ de Front 242, il va pouvoir vous aider » et donc on est parti chez Daniel que je connaissais déjà du magasin ou il travaillait et avec Daniel on a masterisé le premier single d’Underviewer et à l’époque Daniel nous avait dit « Ecoutez les gars, moi j’aime assez bien ce genre de musique, on est à peu près dans le même feeling, je viens de sortir ‘Body To Body’ mais je n’ai pas de chanteur, j’aimerai bien aussi avoir des gens qui travaille avec moi (Il était tout seul) et j’ai commencé un travail autour d’un morceau ici, est-ce que cela vous intéresserait de travailler avec moi ? » On a commencé à travailler sur ce morceau Jean-Luc et moi, alors que le single d’Underviewer était prêt, et ce morceau c’était ‘U-Men’… Et en travaillant ensemble, on s’est dit « Ouuaaahhh, p…, çà, cela a de la ‘Dache’ ce machin, çà, cela va vraiment pêter et on a décidé de d’abord sortir ‘U-Men’ avant le single d’Underviewer et une fois que cela a démarré, ‘U-Men’ était numéro 2 ou 3 dans toutes les radios libres à Bruxelles, cela a vraiment marché et Underviewer n’a jamais sorti son single, si tu veux …

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Crédit Photo : Patrice Hoerner

Mais pour revenir à la manière dont on a travaillé, j’ai récupéré sur le 4 pistes, les pistes originales des morceaux et j’ai retravaillé avec des instruments plus modernes … Donc j’ai gardé ces pistes là, donc ces pistes là sont toujours existantes dans la structure, évidemment c’était plus facile de couper, de refaire un refrain, etc … Mais j’ai retravaillé avec des instruments plus actuels mais en me donnant une discipline de réflexes qui devaient être les mêmes qu’à l’époque ! Donc, je ne pouvais pas faire çà, je ne pouvais pas faire ci … Donc je me limitais comme si j’étais en 80-81, tu vois et çà donne une musique plus ‘raide’ mais qui fait aussi le charme de ce genre …

 

Crédit Photo : Patrice Hoerner

Donc la rencontre avec Daniel B. était fortuite et due au hasard ?

On a collaboré vraiment à cause de cet élément technique mais Daniel travaillait chez Hill’s Music à Bruxelles, qui est un magasin de musique, et je le connaissais très bien, on s’échangeait déjà des cassettes un peu à l’époque et c’est lui qui vendait les synthés, donc moi je passais là tous les trois, quatre jours discuter musique, on se connaissait bien déjà mais on n’avait jamais pensé à collaborer. Je pense que c’est quand Daniel a écouté le premier single d’Underviewer qu’il a réalisé que les composantes avec le chanteur et de la musique électro un peu plus bizarre pouvait très bien se marier. Lui, était plus dans le feeling DAF, séquences de basses-batteries avec un peu moins de sons ‘bizarres’ autour et … Cela s’est bien goupillé … C’est un peu un miracle le fait que cela marche, après avoir rencontré Richard, qui lui était vraiment un mec de scène, la formule était là !

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D’où vient le titre du premier album «Geography » ?

Je pense que l’on cherchait un titre qui était … En fait on n’était pas très conscient du genre de musique que l’on faisait, c’est-à-dire que tu avais des genres qui étaient bien particuliers, comme la musique industrielle ou la synthpop avec des Depeche Mode, des Blancmange ou des trucs comme çà mais nous on était avec un machin un peu hybride,  il y avait des sons un peu ‘sales’ et quand même des mélodies dans le truc donc on ne savait pas très bien … Et si tu écoutes bien Geography, d’un morceau à l’autre les ambiances sont parfois très différentes, donc cela nous faisait penser un petit peu à un effet de mappemonde avec différents pays, une certaine diversité qui faisait penser à Geography, le fait que l’on travaille aussi graphiquement avec de la sérigraphie et que tu as comme cela des ‘grosses taches’ qui font un peu comme des bords de pays, etc … C’est un peu intuitif l’idée du titre mais cela correspond à peu près à ce que l’on pensait pouvoir ‘coller’ à ce genre d’album …

Masterhit – Front 242 – W Festival – Amougies – 20/08/2017 – Crédit Vidéo : JL Marchal

L’idée de jouer sur le côté para-militaire qui était en adéquation avec votre musique et le concept de Commando qui est cher à votre démarche, était-ce une manière d’attirer l’intérêt des médias, vu le peu de moyens en votre possession à cette époque ?

Je pense que vraiment il y a plusieurs effets dans cette histoire de look para-miltaire ou militaire ou ‘pseudo’ militaire … Je pense que le premier point, c’est qu’effectivement il fallait choquer … Si tu voulais un peu passer au travers du machin, il fallait choquer, personne ne nous remarquait … La musique, à l’époque, on venait du rock progressif, il y avait eu le punk mais ce côté agressif de la musique, c’était un truc qui nous attirait … Les gens disait ‘La musique électronique c’est un truc ou les mecs ne bougent pas, c’est mou … A l’époque même Depeche Mode était un peu poppie comme çà, et nous on voulait que cela se muscle un peu, donc l’image militaire … Elle correspond aussi à l’époque de la guerre froide, les blocs Est-Ouest, donc c’était des images que l’on retrouvait aussi dans les journaux télévisés et le dernier point qui était aussi intéressant à ce genre d’imagerie, c’est qu’à l’époque il y avait ce que l’on appelait des stocks américains ou des endroits ou l’on vendait du matos de l’armée, etc … et c’était vraiment ‘cheap’ d’acheter un T-Shirt kaki ou une veste de l’armée et les gars qui venaient nous voir, ils pouvaient s’identifier au groupe pour pas cher … Pas besoin de s’habiller en dandy ou en New Wave ou un truc comme çà … Il y avait un côté très brut et très musclé de cette histoire de Kommando, guerre, machin … Et on a eu beaucoup d’ennuis avec çà avec les journalistes … Tu vois, la musique en général c’est pour se distraire … Tu as le slogan ‘Pour nos enfants rouler prudemment’ , mais tu pourrais presque l’appliquer à la musique … Donc avoir ces mecs qui étaient assez aggressifs sur scène, cela choquait un petit peu mais nous cela nous faisait effectivement une forme de pub … Il faut faire ton chemin, tu sais tu habites en Belgique, t’as pas tout le support que les anglais ou les américains ont avec des firmes de disques et des gars qui sont compétents pour te faire des décors et des supers ingénieurs et des producteurs … Tu dois vraiment faire avec les moyens du bord, quoi !

Front 242 – W Festival – Amougies – 20/08/2017 – Crédit Vidéo : JL Marchal

Front 242 est devenu un groupe culte. Comment expliqueriez-vous ce succès ? C’est le son qui est différent ? La démarche ? Un mélange des deux ?

Je crois qu’un des premiers éléments qui est intéressant dans cette musique, si je peux m’en détacher un petit peu, c’est qu’elle est hybride c-à-d qu’elle emprunte certains clichés au rock, il y a des breaks, des machins comme çà, et des formats chansons mais pas partout, il y a des morceaux comme ‘Kommando Mix’ qui partent dans tous les sens … Je crois que l’on a été parmi les premiers à utiliser des sons, surtout avec du sampling, qui ne sont pas les sons habituels des recettes Basse-Guitares-Batterie, etc .. Donc on s’est écarté du genre anglo-saxon et je crois que cela a attiré certains pays, surtout des pays comme les Etats-Unis par exemple, qui est un pays très mélangé avec des Irlandais, qui sont peut-être plus rock, mais tu as aussi des suédois, des hispaniques, etc … L’Espagne aussi, par exemple, qui sortait d’une période Franquiste ou ils voulaient du nouveau, ils voulaient de l’électro … Et ce groupe qui arrive, électro c’est autre chose que le rock qu’on leur a bassiné pendant des années, etc … Je crois que c’est un peu un mouvement qui est en contradiction avec l’optique rock, on ne véhicule pas non plus cette notion de stars, tatouages, solos de guitares, les gonzesses dans les backstages … On n’est pas dans ce genre-là … On travaille pour le logo Front 242 … Je pense que c’est cette formule un peu totale et en dehors des sentiers battus qui fait que même aujourd’hui quand on jouent aux States, il y a des gens qui viennent nous dire « Tiens, cela ne ressemble à rien ! » … Cela peut être péjoratif aussi mais c’est cela, cela ne ressemble à rien, c’est un truc ou tu as des sons bizarres, une structure bizarre, parfois les gens nous disent « C’est complètement dingue ce morceau quand on écoute la mélo, il y a moyen de faire un hit avec ce truc, mais vous cassez le machin, vous avez tapé des sons pas possibles alors que vous auriez pu être dans un chart avec ce truc … » … Mais c’est une volonté aussi, d’avoir ce truc hybride et je crois que cela a intéressé pas mal de gens d’être un peu en dehors de l’optique classique.

Rare vue depuis la scène du public – Front 242 – W Festival – Amougies – 20/08/2017 – Crédit Vidéo : JL Marchal

On parlait tout à l’heure de Depeche Mode, vous avez tourné en première partie de Depeche Mode, vous avez un souvenir de cela ? Une anecdote ?

Des anecdotes on en a un paquet dans cette tournée là … Mais pour moi ce que je me souviens c’est que c’est la première fois que j’ai vu une usine sur la route … Vraiment une Usine : Des semi-remorques, des Flight-cases avec des TV’s, des goals de mini-foot pour le personnel quand tout était monté, tous les comptables étaient là, du merchandising avec des comptoirs entiers … C’est un truc vraiment pro … Au début on ne recevait rien, hein Jean-Luc, au début on n’avait rien, on avait deux mètres devant la salle et une dizaine de spots … Même pas … Et puis cela a bien marché, ils se sont rendus compte qu’en fait comme support c’était assez chouette et ils nous ont donnés de plus en plus de matériel et de plus en plus de volume parce qu’au début tu ne peux pas jouer trop fort non plus pour ne pas être en compétition … Mais je sais que Martin Gore était venu à Bruxelles et avait entendu ‘Quite Unusual’ dans un café et c’était sur base de cela, il avait aimé le morceau, qu’il nous avait invité pour faire le support. C’est une grosse machine cela et à part les anecdotes ‘fun’ en backstage et les délires, c’est surtout aussi un apport professionnel quand tu fais une tournée comme cela … Tu apprends beaucoup !

Headhunter – Front 242 – W Festival – Amougies – 20/08/2017 – Crédit Vidéo : JL Marchal

 

Au niveau de l’organisation, on n’est jamais arrivé aussi haut mais on était déjà très discipliné comme groupe, on faisait gaffe car dans les années 80, les endroits ou tu allais jouer avec de la musique électronique … Aux Etats-Unis on arrivait, le mec disait : « Cà, c’est le podium pour votre batterie », on disait « On n’a pas de batterie ! », le gars devenait un peu fou puis il disait « Vous pouvez mettre vos amplis guitares ici à gauche », on disait « On n’a pas de guitares ! » … « Vous n’êtes pas un groupe, ce n’est pas possible !!! » … C’était vraiment galère !

 

Crédit Photo : Patrice Hoerner

 

L’avenir d’Underviewer, d’autres concerts prévus en 2018, un nouvel album ?

J-L : On a trois concerts qui sont prévus en Allemagne, et un dans un grand festival, donc ce soir on fait un peu le point sur ou on en est avec la formule live, donc on a travaillé pour que ce soit bien, et puis après cela on va un peu voir ce que cela a donné et ce que l’on peut faire pour améliorer le spectacle … Un album, … oui pourrait venir … ou pourrait ne pas venir … On ne sait pas trop parce que l’on est quand même fort occupé dans nos projets respectifs …

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Crédit Photo : Patrice Hoerner

 

Patrick : Faire un nouvel album, ce ne serait pas évident parce qu’il faut un peu retrouver la naïveté de l’époque, donc il faut que l’on se fasse un peu plus cons … Comme à l’époque !!!

J-L : … Oui parce qu’avec le temps on est devenu vraiment très intelligents … (Eclats de rire)

Patrick : Non, je pense qu’il faut essayer de retrouver cette innocence, je dis cela dans le bon sens, de ne pas avoir peur de faire des mélodies assez simples … Enfin, il y en a qui sont un peu plus complexes dans le travail que l’on a fait, mais un peu revenir à ce rapport direct à la machine et aux mélodies un peu plus Synthpop, donc dans ce cadre là, éventuellement, on pourrait refaire un deuxième album ou alors virer tout à fait et faire tout à fait autre chose mais le but pour moi, cela serait quand même, si cela se fait, c’est de retrouver en fait cette simplicité et purisme de travail … Refaire un peu dans sa tête le chemin à l’envers … Et se discipliner en se disant, voilà on va essayer d’aller à l’essence des choses, ne pas compliquer les choses … mais c’est possible mais pour le moment, on est tous les deux sur d’autres projets … Pour le moment en tout cas, et je crois que l’on a encore un chemin à faire en live aussi …

Underviewer – KulturA – Liège – 02/09/2017 – Crédit Vidéo : JL Marchal

 

Enfin dernière question, si vous deviez retenir un mot ou une chose de tout votre parcours cela serait ?

 Patrick : Moi, cela serait … L’Intégrité, je pense que c’est cela le truc le plus important, je crois qu’à certains moments dans notre carrière on aurait pu faire le pas d’essayer de faire une musique un peu, entre guillemets, plus « putasse », je crois que l’on est quand même toujours resté nous-mêmes et cette intégrité c’est ce qui nous a sauvé parce que tu as des moments dans une carrière ou tu vas très haut, tu redescends, tu remontes et se lever tous les matins et se regarder dans le miroir et pouvoir me dire ‘OK, je suis quand même encore cool avec ce groupe, c’est un truc qui tient la route … Les gens comme vous que je rencontre, je sens qu’ils sont dedans aussi tu vois … Donc cette intégrité, je trouve cela essentiel et je le sens pour tous les albums que l’on a fait !

Jean-Luc : Oui, je suis assez d’accord avec intégrité. Moi, le truc principal au cours de cette carrière qui me viendrait à l’esprit c’est l’ennui … C’est peut-être pas le plus évident, mais c’est un peu l’ennui et l’attente ! Parce que finalement dans une carrière comme cela, il y a assez peu de temps qui est consacré à la création …

Patrick : Tu veux dire aussi par rapport aux concerts aussi, c’est beaucoup de préparation …

Jean-Luc : Oui, bon en concert, tu arrives à deux heures, tu fais ton soundcheck entre sept et huit et puis tu joues à onze et à minuit, c’est fini et tu es resté là, une journée, t’as travaillé deux heures à tout casser … Bon, moi évidemment, j’ai un rôle un peu facile par rapport à çà … Mais je dirais attendre, attendre que l’inspiration arrive quand on est en période de création parce que parfois elle n’est pas là et si elle n’est pas là, tu peux ‘danser sur ta tête’, il n’y a rien qui va sortir, attendre que l’album sorte, attendre … C’est pas une réponse très originale parce que j’ai une fois entendu un membre des Rolling Stones qui a dit la même chose … « Je passe ma vie à attendre », je pense que c’est le batteur … Attendre …

 Don’t Crash – Front 242 – W Festival – Amougies – 20/08/2017 – Crédit Vidéo : JL Marchal

 

C’est ainsi que s’achève ce moment privilégié et cette rencontre magique pour moi …
J’en tremble encore rien que d’y penser et je voudrais ici encore remercier à nouveau Patrick et Jean-Luc pour leur gentillesse, leur spontanéité et leur sympathie face à un individu un peu stressé certes, dont ce n’est à priori pas le rôle principal d’être interviewer (c’est un métier, si, si !!!) et d’avoir pris le temps de répondre avec franchise et sincérité à mes multiples questions et interrogations.
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Underviewer @ KulturA – 02/09/2017

Crédit Photo : JL Marchal

Un beau moment donc qui restera gravé dans ma mémoire, où intégrité et attente seront les mots de la fin …

Un public conquis !!!  – W Festial – Amougies – 20/08/2017 – Crédit Vidéo : JL Marchal

Encore merci les Frontmen !!!
Et tout grand merci également à Patrice Hoerner, photographe talentueux, pour les beaux clichés de ces instants magiques.
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Patrice Hoerner, un photographe vraiment motivé et doué !

Crédit Photo : JL Marchal

Et vous pourrez très bientôt retrouver l’intégrale de cette interview sur le podcast MixCloud de l’émission Kultur Wave de Greg et Walther.

Kultur Wave 2

 

 

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Front 242 – W Festival – Amougies – 20/08/2017 – Photo : JL Marchal

 

Ils seront en concert (sold-out) ces 1 et 2 décembre 2017 à l’Ancienne Belgique !!!

 

 

 

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